Carmel de la Trinité
Metz-
Plappeville
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Seigneur, tout notre mal vient de ce que nous ne gardons pas les yeux fixés sur Vous !(Ste Thérèse d'Avila-Chemin 16,11)

SAINTE THERESE D’AVILA COMMENTE LE NOTRE PERE therese_d_avila_plume.jpg
CHEMIN DE PERFECTION EXTRAITS DU CHAPITRE XXVI ET SUIVANTS

Voici donc ce qu'il vous convient de comprendre pour bien dire le Pater noster :
restez tout près du Maître qui vous l'a enseigné.

…nous devons comprendre à qui nous parlons ;
nous sommes même obligées de tâcher de prier avec attention,
et plaise à Dieu que ces procédés nous aident à bien dire le Notre Père.
J'ai essayé un certain nombre de fois, et je n'ai trouvé meilleur remède
que de m'efforcer de fixer ma pensée sur Celui à qui je m'adresse.

 

Notre Père qui êtes aux cieux.
Ô mon Seigneur, comme on voit que vous êtes le Père d'un tel Fils,
et comme on voit que votre Fils est le fils d'un tel Père ! Soyez bénis à jamais! …
Oh que l'âme aurait raison de rentrer en elle-même pour mieux se dépasser,
et atteindre le point où ce saint Fils pourrait lui faire connaître
le lieu où il situe son Père, qui est aux cieux ! Quittons la terre, mes filles...
Ô Fils de Dieu et mon Seigneur ! …
Alors que vous vous humiliez jusqu'à vous joindre à nous dans la demande,
que vous vous faites le frère d'un si vil et si misérable objet,
pourquoi nous donnez-vous au nom de votre Père tout ce qu'on peut donner
en Lui demandant de nous considérer comme ses enfants
vous qui ne pouvez manquer à votre parole? Vous l'obligez à la tenir,
et c'est une lourde charge ; car il doit nous supporter en Père,
pour graves que soient nos offenses ; si nous nous tournons vers lui,
comme l'Enfant prodigue, il doit nous pardonner,
il doit nous consoler dans nos peines, il doit nous nourrir
comme sait le faire un tel Père, qui est meilleur forcément que tout père au monde ;
car il ne peut y avoir en Lui que le bien parfait ; et par-dessus tout cela,
il doit nous faire participer à son héritage avec Vous.
Ô bon Jésus!
Comme vous avez montré clairement que vous ne faites qu'un avec Lui,
que votre volonté est la sienne et la sienne la vôtre ! Quel clair aveu, mon Seigneur!
Quel amour vous avez pour nous ! Vous avez tergiversé,
cachant au démon que vous êtes le Fils de Dieu, et vous désirez si vivement notre bien
que vous surmontez tous les obstacles pour nous faire une faveur immense.
Qui le pouvait, sauf vous, Seigneur ? Je ne sais comment le démon n'a pas compris à ces mots
qui vous êtes, sans erreur possible ; du moins, mon Jésus, vois-je bien que vous avez parlé
pour Vous et pour nous en Fils préféré, et que vous avez le pouvoir d'accomplir au ciel
ce que vous dites sur terre. Soyez béni à jamais, mon Seigneur ;
vous aimez tant à donner que rien ne vous retient.
… notre coeur devrait se déchirer devant tant d'amour.
Est-il fils au monde qui n'essaie de savoir qui est son père, quand ce père est si bon,
si majestueux et si grand seigneur ? S'il n'était tout cela, je ne serais pas surprise
que nous dédaignions de nous dire ses enfants, car dans l'état où est le monde,
si le père est d'un rang inférieur à celui du fils, il ne tient pas à honneur de le reconnaître pour père .
…Vous avez un bon Père, que vous donne le bon Jésus ; n'en connaissez aucun autre,
ne parlez que de Lui, et tâchez, mes filles, de mériter de vous réjouir avec Lui et de vous jeter dans ses bras.
Vous savez qu'il ne vous chassera pas si vous êtes de bonnes filles ;
et laquelle de nous ne ferait le nécessaire pour ne pas perdre un Père comme celui-là ?

Ô mon Dieu ! Pour ne pas m'étendre plus longuement je vous laisse à penser quel sujet de consolation c'est là ;
car quel que soit l'égarement de la pensée, entre ce Père et ce fils apparaît forcément l'Esprit Saint ;
qu'il passionne votre volonté, qu'il l'attache par un immense amour,
si le souci de votre plus grand intérêt ne suffit pas.