Carmel de la Trinité
Metz-
Plappeville
Bienvenue
Mon bonheur, Seigneur est de Vous contenter.(Ste Thérèse d'Avila-Exclamations 142)

therese_ejsf_vignette.jpgPetit oiseau- livre des Demeures
fin du manuscrit B, folios 5
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L’histoire du petit oiseau racontée par Ste Thérèse de Lisieux
trace l’itinéraire de l’âme vers l’union à Dieu.
Itinéraire bien décrit par les grands Saints du Carmel.
J’ai eu l’idée de chercher les résonnances entre l’histoire du petit oiseau
et le livre des Demeures de Sainte Thérèse d’Avila.
Nous pourrons ainsi goûter combien Petite Thérèse
était imprégnée des enseignements de sa grande patronne !


Note : Ne nous laissons pas troubler par les différences dues aux décors.
          L’oiseau est tendu vers le Soleil divin, qui semble extérieur, mais nous le verrons, le Seigneur est bien à chercher au centre de notre cœur.
          Le Livre des demeures considère l’âme comme un château aux nombreuses demeures dont le Seigneur est le centre.
          Il s’agit dans les deux cas d’une même quête.

          Les citations de Ste Thérèse de Lisieux seront écrites en italique celles de Ste Thérèse d’Avila en couleur.

1. « Jésus, Jésus… »
    Notre petit oiseau en prière. D’ailleurs, le texte s’achèvera aussi par une prière.
    Car pour trouver le Bien-Aimé, « la porte est l’oraison et la considération. »
- 1ère demeure chapitre 1
    Voici donc une âme séduite par Dieu et pleine de désirs et de bonne volonté.
    Une âme lucide sur elle-même, qui « considère ce qu’elle est ».
 « Cette connaissance de nous-même est tellement importante, ne la négligez point
    quelque élevée que vous fussiez dans la contemplation des choses célestes(…)
    Il est important de s’y appliquer avant de prendre son vol…
»
1ères demeures Chapitre II
2. « S’envoler, cela n’est pas en son petit pouvoir ! Que va devenir le petit oiseau ? »
    L’âme rencontre ici ses premières épreuves, que l’on peut comparer
    à ce qui se passe dans les premières demeures décrites par Ste Thérèse d’Avila.
    L’âme fait tous ses efforts pour conformer sa vie à sa Foi.
    Il y a là encore beaucoup de volonté pour ne pas dire…de volonté propre !
   Arrive, avec les nuages, la première épreuve d’absence de Dieu : « il lui semble ne pas croire qu’il existe autre chose que les nuages ».
« Qu’il vous suffise de savoir que ce soleil (…) qui se trouve au centre d’elle-même n’y est que comme s’il n’y était pas ;
   il s’est éclipsé pour elle
».
1ère demeures, chapitre 2
   Les premières purifications portent plutôt sur l’extérieur : c’est la tempête au dehors, le cœur ici tient bon dans la Foi.
3. « Je comprends ton amour pour le petit oiseau, puisqu’il ne s’éloigne pas de toi…mais… »
    Voici que la purification va atteindre le cœur : c’est l’œuvre du péché. Et c’est là que l’amour devient plus tendre,
 « il confie, il gémit », il essaye d’ « attirer plus pleinement l’amour ». Le volontarisme a disparu.
    Notre petit oiseau va suivre exactement les conseils de Ste Thérèse d’Avila
aux 2èmes demeures :
 « Ne vous découragez point quand il vous arrive de faire des chutes ; reprenez aussitôt votre marche », et encore :
 « Au milieu de ces troubles (…) il faut commencer à vous recueillir non à force de bras mais avec suavité ».
    Je pense ici à la purification de la volonté qui doit passer de la force à la tendresse, si l’on peut parler ainsi, car la tendresse est aussi une force !
    Serait-ce forcer le texte que de voir dans l’évocation du froid mouillé de l’oiseau une allusion à la purification des sens ?
    En tout cas, c’est dans les épreuves que l’amour de Dieu s’approfondit.
4. « O Jésus, ton petit oiseau est heureux d’être faible et petit. »
   « Croyez-moi, l’âme qui possède une humilité vraie, ne recevrait-elle jamais de Dieu la moindre consolation, se tiendra dans une paix et une conformité parfaite à sa volonté, et elle sera plus heureuse que d’autres au milieu des consolations. »
3èmes demeures, fin du chapitre 1
5.  L’oiseau, « que deviendrait-il s’il était grand ? »
  « Pratiquez l’humilité et encore l’humilité, c’est par elle que le Seigneur se laisse vaincre. »
4èmes demeures chapitre II
6. « oui, c’est là encore une faiblesse du petit oiseau lorsqu’il veut fixer le Divin soleil (…) malgré lui (…)
    le pauvre petit être s'endort, croyant toujours fixer son Astre chéri…
»
    Voilà la nuit. Le sommeil nous conduit à penser à la nuit de l’esprit, selon la terminologie de St. Jean de la Croix
(Montée du Carmel, livre II)
 « La nuit de l’esprit qui est la nuit de la Foi prive de toute lumière et de l’intelligence spirituelle et des sens ».
 «Je dis sommeil parce qu’il semble en effet qu’ici, l’âme est comme endormie(…).Toutes ses puissances sont endormies et même profondément endormies par rapport à toutes les choses du monde et à nous-même. »
5èmes demeures, chapitre 1
    Notre petit oiseau est endormi. Dans la nuit, les purifications sont passives : « malgré lui, ses petits yeux se ferment ».
   Ce « malgré lui » montre bien qu’il ne peut empêcher la nuit de faire son œuvre. Cette nuit prépare aux grâces d’union.
   Or ces grâces d’union sont ordinairement précédées de périodes où la purification permet des tentations qui peuvent être fortes.
   Je les vois ici symbolisées par les vautours.
7. « les vautours, images des démons, le petit oiseau ne les craint pas, il n’est point destiné à devenir leur proie,.. »
   « Ô mon Dieu, par quelles épreuves l’âme ne doit-elle pas passer jusqu’au jour où elle entrera dans la 7ème demeure car une fois, là, elle ne craint plus rien ; et c’est de grand cœur qu’elle se porte à tout souffrir par amour pour Dieu. »
6èmes demeures
8. « l’oiseau contemple l’Aigle Eternel au centre du Soleil d’Amour »
   L’union se réalise : « l’âme comprend clairement qu’il y a dans son intérieur (...) un soleil d’où procède cette éclatante lumière qui est envoyée à ses puissances. Quant à elle, elle ne se meut point du centre où elle est ; elle ne perd point la paix… »
 «Le Seigneur vient placer l’âme dans sa demeure à Lui
».
7èmes demeures chapitre II
   Ici le petit oiseau goûte Dieu, l’adore, s’émerveille du Salut de l’Amour et « vole avec les propres ailes de l’Aigle Divin »
   Pour conclure un dernier passage
de la fin du livre des demeures :
«
Quand vous serez habituées à goûter les délices de ce château (de ce Soleil Divin) vous trouverez le repos en tout,  même dans les épreuves les plus pénibles, car vous garderez l’espoir d’y retourner, et cet espoir, personne ne pourra vous le ravir. »

    Puisse chacun de vous vivre cette belle aventure jusqu’à la joie de l’union à Dieu !

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