Carmel de la Trinité
Metz-
Plappeville
Bienvenue
Seigneur, tout notre mal vient de ce que nous ne gardons pas les yeux fixés sur Vous !(Ste Thérèse d'Avila-Chemin 16,11)

Sr.Amanda.JPGMère Amanda, est prieure du Carmel byzantin de Saint-Rémy-les-Montbard, stelie1.jpeg
elle organise la fête du 20 juillet au monastère,
y prépare l'accueil des hôtes, et pour la revue Mikatv
elle s'occupe du service "numérique" :
photos, enregistrements, page web, maquettage 
Nous la remercions pour le don de sa vie au service de l’unité
et d’avoir accepté de répondre à nos questions !

- Pourriez-vous nous dire pourquoi vous avez choisi de vivre votre catholicité dans le rite byzantin,
ou quel est à votre avis l'apport du rite byzantin aujourd'hui ? en France ?
Je suis entrée et j’ai fait profession au carmel à Graz, en Autriche. Les sœurs étaient très sensibles à la question œcuménique et elles connaissaient aussi la liturgie byzantine. Il y avait un père du monastère de Chevetogne, qui faisait des études à Graz et qui célébrait chaque mois une liturgie byzantine au carmel. Il est décédé assez jeune, encore avant mon entrée. Même si je n’ai pas pu le rencontrer, ma prieure et maîtresse de novices m’a transmis l’amour de la spiritualité de l’Orient chrétien. C’est par elle aussi, que j’ai appris l’existence du Monastère Saint-Élie, ce carmel de rite byzantin – elle-même avait passé 2 années ici. J’ai lu quelques livres sur la spiritualité orientale, qui se trouvaient à la bibliothèque du carmel de Graz, mais j’étais vraiment très loin de connaître le rite byzantin ! Venir rejoindre les sœurs du Monastère Saint-Élie n’était pas un simple choix : je l’ai choisi plutôt en répondant à un appel du Seigneur. Je suis partie quelque peu dans l’inconnu, car je ne savais pratiquement pas le français et ma première vraie rencontre avec le rite byzantin s’est déroulée ici, pendant les jours suivant mon arrivée. C’était un coup de foudre, je ne l’ai jamais regretté depuis.
Le rite byzantin – qui est d’ailleurs le plus connu et le plus répandu parmi les nombreux rites orientaux – est apprécié pour sa profondeur spirituelle et son sens liturgique. Il aborde les mystères de la foi d’un côté contemplatif, archétypique, poétique, plutôt que d’un raisonnement logique ou philosophique. Cela attire beaucoup de personnes d’origine non orthodoxe, qui cherchent à vivre une vie spirituelle approfondie, mais il ne correspond pas pour autant à la sensibilité de tout le monde et c’est très bien ainsi ! Nous avions un vieil ami très savant, décédé il y a quelque temps, qui disait, que si l’Église est épouse du Christ, elle est donc une reine, et une reine a besoin de belles robes, pour se parer. Les robes de l’Église-reine, ce sont les différents rites. Je trouve, que c’est une très belle image. La diversité est enrichissante, elle est nécessaire ; ce qui n’est pas nécessaire, c’est la division.


- Quelles sont vos fêtes liturgiques préférées ? Vue.jpg
La Pentecôte et la Transfiguration.
Le dimanche de la Pentecôte, l’église byzantine fête la Trinité, la révélation de la Trinité accomplie par l’arrivée de l’Esprit Saint. Dimanche soir, pendant les Vêpres, nous nous agenouillons pour la première fois depuis Pâques pour demander le don du Saint-Esprit. L’église est ornée de fleurs, d’herbes et de toutes sortes de verdure et chacun tient un petit bouquet dans sa main pendant les prières. C’est comme une grande fête de noces, c’est sont les noces de l’église, de toute la création avec Dieu, scellées par l’Esprit Saint. Le fruit de ces noces, ce sont les saints, ainsi le cycle pascal et clôturé et couronné par la fête de Toussaint, le dimanche après la Pentecôte.
La Transfiguration est une fête un peu nostalgique, une fête de désir… Fête préférée de beaucoup de moines, qui partent à la grande aventure intérieure pour voir, retrouver la lumière irradiée par le Christ transfiguré, la Lumière Incréée.

- Une fraternité est née autour de votre carmel, pourquoi se réclame-t-elle de Saint Élie ?
Il y a plus de 20 ans maintenant, les amis du monastère ont demandé de se regrouper dans une fraternité (qui est un cercle vivant, mais informel, sans statut d’association) qui se réclame du saint prophète Élie, parce qu’elle est liée au Monastère Saint-Élie, bien sûr ! Les sœurs fondatrices ont choisi le patronage du prophète Élie pour le monastère, pour souligner à la fois son appartenance à l’ordre du carmel et son orientation œcuménique. Le prophète Élie est considéré comme « père et guide », comme fondateur spirituel du carmel, il est commémoré aussi bien par les chrétiens d’Orient que par ceux de l’Occident, figure très importante dans la spiritualité juive, vénéré aussi par les musulmans… et regardé dans la spiritualité monastique comme archétype du moine. 1
P1150759x.JPG- Quel est le but et quelle diffusion pour la revue Mikhtav ? Est-ce pour tous ? dans divers pays ?
Mikhtav est originellement le bulletin de liaison de la Fraternité. Il relate les évènements liés à la Fraternité, annonce des programmes, publie des nouvelles importantes des membres. Au début composé simplement de quelques feuilles photocopiées par nous-mêmes, il est devenu au fil des années une vraie revue – on peut difficilement appeler un cahier de 100 pages un bulletin ! Il est donc principalement destiné aux membres de la Fraternité, mais ne leur est pas réservé. Nous avons aussi des abonnés, qui ne sont pas des membres de la Fraternité, mais des personnes intéressées par la spiritualité carmélitaine et le dialogue œcuménique. La « frontière » de la diffusion n’est pas territoriale, mais linguistique, car la Mikhtav paraît en français et en roumain. Nous avons fait paraître une fois la traduction d’une partie d’un numéro en hongrois, mais nous n’avons pas pu continuer, faute de temps et de traducteurs. Traduire des articles scientifiques de haut niveau, comme dans les derniers numéros, demande une profonde connaissance de la langue française, beaucoup de travail et un grand dévouement. Nos amis roumains, qui s’occupent de la traduction, pourront en parler !Miktav.JPG

- Quelles sont à votre avis les intentions prioritaires pour l'Unité des églises aujourd'hui ?
Je ne suis qu’une petite personne et je ne participe pas aux dialogues officiels à aucun niveau… Il me semble cependant, que derrière les discussions théologiques il y a souvent des considérations secondaires en jeu, des questions de pouvoir spirituel et temporel. Ce que je désirerais, et qui à mon avis devrait être prioritaire, c’est de rechercher dans le dialogue œcuménique d’abord le Royaume de Dieu… et tout le reste nous sera donné.

        1.   Voulez-vous en savoir plus ? Lisez Sr Éliane Poirot,
              Élie, archétype du moine, pour un ressourcement prophétique du monachisme,
              coll. Spiritualité orientale, n° 65, Bellefontaine, 1995