Carmel de la Trinité
Metz-
Plappeville
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Dieu semble n’attendre que d’être aimé pour AIMER.(Ste Thérèse d'Avila-Fondations 3,18)

 

 

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Extrait d'une homélie donnée en notre Carmel le 16 juillet 2016

Marie, mère de l’espérance, Notre Dame d’espérance. Marie à l’Annonciation, Marie à la Nativité, Marie pendant les années de ministère public, Marie au pied de la Croix, a vécu au plus haut point, a vécu exemplairement, la vertu d’espérance.

L’espérance, nous le savons, n’est pas le faux espoir de celui qui ne veut pas regarder la réalité en face, ni l’affronter, qui préfère s’illusionner en pensant que tout va toujours s’arranger. Au pied de la Croix, l’espérance de Marie n’était pas que Dieu allait faire quelque chose au dernier moment, qu’il fallait accomplir un miracle pour libérer son fils et confondre définitivement ses adversaires par ce coup d’éclat. Non, Jésus est mort sur la Croix dans le silence apparent de Dieu. La violence, la haine, la mort, ce jour-là comme aujourd’hui semblaient triompher.

L’espérance ne nous détourne pas du monde tel qu’il est pour chercher refuge dans un univers imaginaire, rêvé. L’espérance, c’est l’assurance, la certitude, que Dieu est le maître de l’histoire et qu’à travers les douleurs de ce monde germe, grandi le Royaume de Dieu. L’espérance c’est la confiance en Dieu, c’est l’abandon à Dieu jusque dans la mort même.

L’espérance naît de la foi. Elle est la foi mise en pratique, les vertus de foi appliquées à notre vie. Nous croyons en Dieu créateur, nous croyons en la résurrection des morts et en la vie éternelle : c’est notre foi. Nous réalisons que ces vérités de foi nous concernent absolument, qu’elles sont ce qu’il y a de plus décisif dans notre vie : c’est l’espérance. L’espérance, c’est la foi appropriée, réalisée. Elle débouche sur la charité : amour pour Dieu qui ne nous a pas fait pour la mort ; amour pour nos frères les hommes malgré toutes les violences.

Marie debout, silencieuse, au pied de la Croix qui reçoit Jean comme fils, est un modèle d’espérance. Elle n’est pas dans l’illusion : elle souffre, un glaive lui transperce le cœur. Elle ne nie pas la réalité de la mort, elle l’affronte. Mais elle croit que dieu est plus grand que tout et qu’Il mène son œuvre de vie à bon terme, là même où la mort semble l’emporter.

Demandons à Marie, Notre Dame du Carmel, Notre Dame d’espérance, la grâce de savoir nous remettre entre les mains de Dieu, demandons la grâce de l’espérance. Amen     

Père Jacques de Longeaux