Carmel de la Trinité
Metz-
Plappeville
Bienvenue
Ô vrai Dieu, c’est une consolation de savoir que Vous êtes partout !(Ste Thérèse d'Avila-Exclamation 137)

Le carême ? C’est avoir bon appétit.

Quelques questions pour travailler :

-          quels sont les bons appétits

-          qu’est-il dit de la beauté
de l’âme humaine

-          quelle est l’attitude de Dieu

-          quelles sont ses promesses

-          repérer les mauvais appétits mentionnés

-          quels remèdes pour cheminer

Sous ce titre original se cache toute une réflexion proposée par St Jean de la Croix dans le 1er livre de la Montée du Mont Carmel aux chapitres 6 à 13.

Car il s’agit effectivement de ne pas se tromper d’appétits pour progresser en liberté et en joie !
Le mot « appétit » désigne les envies, les désirs, qui sont abondants et se présentent à nous souvent dans l’immédiateté. Il nous revient évidement d’y faire un tri, pour agir en toute maîtrise de soi, et ne pas se laisser emporter par tout ce qui vient à l’esprit.

Pour nous aider, St Jean de la Croix explique les effets des appétits désordonnés et où trouver les « bons » appétits qui élèvent l’âme et sont utiles à nos santés ! Car cela va toujours ensemble.

jean_de_la_croix_peinture.jpgEcoutons St Jean de la Croix :
Au Chapitre 6 : il explique que les effets des appétits désordonnés.
1er dommage est privatif, car ils nous privent de l’Esprit Saint qui ne peut plus agir en nous : « Lorsqu’une âme s’attache à un objet créé quel qu’il soit, plus cet appétit tient de place en elle, moins cette âme a de capacité pour Dieu » C’est ici l’attachement qui est désordonné et qu’il faut ordonner c’est-à-dire orienter vers un bien plus haut, vers l’amour, et donc pour cela : aimer et appeler l’Esprit Saint !
Chapitre 7 : 2ème dommage
 : c’est qu’ils provoquent des désirs nouveaux, nous cherchons alors à les reproduire et cela tourmente et fatigue l’âme.
« Plus l’appétit est violent, plus il tourmente l’âme…et plus nombreux seront les appétits…
C’est pourquoi Dieu, ému de compassion envers ceux qui au prix de tant de peine et si forts à leurs dépens, travaillent à satisfaire la faim et la soif de leurs appétits…
nous appelle en saint Matthieu disant: Vous tous qui travaillez, et êtes affligés et chargés du fardeau de vos soucis et appétits, sortez de là et venez à moi, et je vous recréerai, et vous trouverez pour vos âmes le repos dont vos appétits vous privent, lesquels, comme dit le prophète, sont une charge fort pesante. ” »
Chapitre 8 : 3èmes dommage : l’aveuglement
pour prendre une comparaison moderne il suffit de penser aux effets de la publicité qui s’interpose entre notre recherche première et en viens souvent à nous capter dans une direction non désirée. Le Seigneur alors n’a plus sa place pour nous faire grâce.
Chapitre 9 : 4ème dommage : l’impureté
Les appétits ici sont situé davantage dans l’âme qui convoite, pleure les biens perdus, rêve ses désirs affectifs…elle n’est plus vraiment dans le réel pour avoir désiré des choses créées qui ne peuvent la satisfaire, elle attend tout de la terre seulement et oublie le Seigneur qui pourrait la combler. Par contre « L’âme du juste renferme en : la droiture de l’âme, un nombre incalculable de dons très riches, de belles vertus…conformément à la diversité des affections amoureuses qu’il dirige vers Dieu. » Autre dit l’amour de Dieu purifie.
Chapitre 10 : 5ème dommage : les appétits refroidissent l’âme, l’affaiblissent dans la vertu, « 
afin qu'elle n'ait pas la force de vivre selon la vertu et d’y persévérer. » 
« 
C'est néanmoins une grande compassion de voir comment les appétits qui vivent en la pauvre âme la traitent, combien ils la rendent malheureuse pour elle- même, stérile pour le prochain, pesante et paresseuse aux choses de Dieu. Car il n'y a mauvaise humeur qui rende un malade si pesant et empêché de cheminer, ni qui le dégoûte tant de manger, comme l'appétit des créatures rend l'âme pesante et triste à suivre la vertu. Et ainsi la cause ordinaire de l'ennui et de la paresse à pratiquer la vertu, c'est qu'elles ont des appétits et des affections qui ne sont pures selon Dieu. »
Chapitre : 11 : Vigilance « Celui qui méprise les petites choses, peu à peu tombera. » Si 19,1st.j.de_la_croix.JPG
Exhortation au combat spirituel, à mortifier nos désirs, à en refreiner quelque chose par amour.
« L’oiseau retenu par un mince fil, tant qu’il ne l’aura pas brisé ne pourra pas s’envoler 
« …il lui aurait suffi d’un coup d’aile pour briser cette attache, pour se dégager… »
Chapitre
 : 12 : du lien qu’il y a entre les appétits
Nous savons d’expérience combien tous les appétits sont liés. Ainsi, celui qui sait maîtriser sa gourmandise pour s’en tenir sagement à ce qui est simplement bon et suffisant pour lui, saura aussi retenir sa langue lors de ses conversations, et il y a fort à parier qu’il aura une retenue et un respect parfait en sexualité. En tout cas l’attention dans un domaine aura certainement des répercussions dans tout notre être. Ce n’est donc pas pour rien que l’Eglise propose le jeûne, c’est-à-dire la mortification comme un chemin de vie.
Chapitre : 13 : conseils
« Avoir
un appétit ordinaire d'imiter le Christ en toutes choses, se conformant à sa vie, laquelle il doit considérer pour savoir l'imiter, et se comporter en toutes choses comme Il ferait lui-même.

     Pour bien faire cela, quelque goût qui s'offre aux sens, s'il n'est purement pour l'honneur et la gloire de Dieu, qu'il y renonce et s'en prive pour l'amour de Jésus- Christ, lequel en cette vie n'eut et ne voulut avoir autre goût que de faire la volonté de son Père - ce qu'il appelait sa nourriture et son repas (Jn 4,34).

Nous espérons que ce partage vous encourage
 à lire St Jean de la Croix pour profiter des amples  détails
que notre bref propos a coupé.